« Artist must work for the future » m’écrit l’artiste japonais Koichi Kurita à la fin de notre correspondance.

À l’heure des rassemblements contre le chantier de l’A69 et des manifestations contre la montée du RN, la terre continue de disparaître et ses mots résonnent plus fort.

Le blanc de Meudon, la « terre » d’où j’ai grandi, devient le support aux récits Tarnais. Les 35 tas ont été récoltés aux endroits où l’on m’a raconté des histoires de terre ou de lien avec le territoire. Et pour continuer à faire vivre ces récits, je demande aux spectateur.ices quel objet ou lieu attire leur attention, et je leur transmets ce que j’ai entendu. 

là-bas j’ai compris qu’

il y a de la terre sous le carrelage

sous la maison sous les trottoirs

il y a de la terre sous les pavés

sous les semelles sous les barrages

il y a de la terre sous les églises

sous mes pieds sous les chantiers

ici, j’ai vu les champs et les jardins partagés, les arbres et les nids d’oiseaux, les maisons et les cimetières, la mairie et la pétanque, la voie romaine et la manif

[...]

et je me demande si on peut pleurer sans bruit

si on peut laisser couler les larmes sans son

et si la tristesse peut être silencieuse

je me demande si on peut être triste sans visage

je me demande si on peut grandir sans la terre

j’entends les voix de celles et ceux qui se sentent arraché.es

Précédent
Précédent

Mes branchies ses poumons

Suivant
Suivant

Et iels vécurent